Archive pour mai, 2008

Lettre à Rachid Boudjedra

Lettre à Rachid Boudjedra dans LETTRE OUVERTE...A qui veut la lire ou ... la rire kynb imagerbclr.vignette dans LETTRE OUVERTE...A qui veut la lire ou ... la rire

Monsieur Boudjedra,  

C’est avec grand intérêt que j’ai lu ce papier, un sujet sur  « Les  Mois Littéraires de Bouzeguene » dont vous étiez l’un des invités, paru  dans « Le Soir d’Algérie » du samedi 31 mai. 

J’avoue que ça m’a apporté un soulagement, une satisfaction incommensurables, un bol d’air pur, que j’ai respiré jusqu’à la lie. 

Il faut dire, Monsieur Boudjedra que dans cet unanimisme ambiant autour de la « Ouaâda » qui a phagocyté nos … intellectuels, on ne peut que saluer votre  « fausse note » qui sauve ainsi « l’honneur de la tribune », la face d’une intelligentsia qui a vendu son âme, attirée par la mangeoire et inscrite aux abonnés absents de la contestation, de la contradiction au discours officiel.   J’en connais quelqu’un qui ne se retournera pas dans sa tombe. Le père de « Nedjma » qui, si je ne me trompe pas, disait « qu’un intellectuel doit avoir la culture du non. » Ne me prenez pas pour un naïf mais je me demande ce qui peut bien pousser nos intellectuels, écrivains, politiques, nos « Dakatira » et autres « Mokhtassin fi alouloum as-siyassiya ou al-ijtimaiya » de toujours crier « Oui ! » quand ils ont une opportunité de souffler  un petit « non » ? 

Monsieur Boudjedra, vous venez de le faire. Et c’est le plus grand, le plus authentique, le plus noble des « NON ». Un non massif, clair et net et qui se lit de gauche à droite et de droit à gauche. Aucune chance de le courtiser. 

 Merci Monsieur Boudjedra. 

Rachid Boudjedra à propos de Bouteflika

illustration du blog motsdtet06damizour- (D.R. www.restena.lu)« Je suis contre le 1er, le 2e et le 3e mandat » 

L’esprit érudit et libre de Rachid Boudjedra a survolé la conférence-débat qu’il a présentée jeudi à Bouzeguène en tant qu’invité des Mois littéraires de l’association Igelfan avec son épouse Michèle.
Boudjedra, qui dit avoir toujours mené son itinéraire politique et littéraire de pair se garde cependant de mélanger son militantisme avec l’écriture à laquelle il est venu par nécessité, tout comme il ne cache pas son attachement pour les pauvres et les gens qui ne sont pas favorisés par la nature et la vie-enfant à Aïn Beïda, lui fils de riche fréquentait un cul-de-jatte sur le sort duquel il s’était davantage apitoyé lorsque ce dernier lui avait demandé un jour pourquoi Dieu l’avait créé ainsi. Le conférencier, qui a étudié pour quitter sa famille et la féodalité d’un père polygame vivant avec quarante maîtresses, estime que la littérature ne dénonce pas, elle dit simplement les choses d’une manière poétique. «Je suis le seul écrivain qui ne mélange pas ses écrits avec les idées politiques. » Un écrivain écrit d’abord pour lui-même. Il écrit pour se défouler et pour atténuer la douleur. La souffrance est un élément important pour écrire, peindre filmer ajoute-t-il. Portant un regard critique sur le travail des jeunes écrivains, «qui se font éditer à compte d’auteur et se considèrent au final comme des génies», Boudjedra dit toute la complexité de l’écriture. Un rigorisme qu’il s’applique à lui-même : «On dit que je suis un bon écrivain, attendons de voir ce qu’en gardera l’histoire algérienne dans quinze ans.» Les jeunes écrivains trichent, ils ne peuvent pas bien écrire. Il y a certes quelques-uns mais il n’y a pas de rupture» a dit Boudjedra qui souligne que «Kateb a mis trente ans pour rompre avec Dib et lui-même 20 ans pour rompre avec Kateb et que Sansal était l’écrivain qui pouvait provoquer la rupture avec lui mais». «Moi j’aurai, encore besoin de quinze ans pour parler des harraga.» Répondant à une avalanche de questions sur ses pairs de la littérature algérienne, le conférencier qui ne cache pas son admiration pour l’écriture de Kateb, son modèle algérien, fustigera Ouettar, «un opportuniste de tous les courants» dont il n’oubliera pas ce qu’il a dit à la mort de Djaout et de Sebti : «Tahar Ouettar est nul, un méchant, un khabith ». Qualifiant l’entrée de Assia Djebbar à l’Académie française de non-événement, l’auteur de FIS de la haine répond que la littérature de Yasmina Khadra est mineure».Rachid Boudjedra explique qu’en racontant une histoire avec des zigzags et des flashs-back, il ne fait que refléter la complexité de la vie. Certaines réponses aux questions soulevées lors des débats heurteront les tenants de la bien-pensée : «L’Algérie a été conquise par les musulmans non par les Arabes, c’est une conquête musulmane réussie car les autres conquêtes n’avaient pas d’idéologie. L’Arabe est innocent dans cette conquête ». La francophonie ? «Elle est truffée de coquetterie», concède l’écrivain qui estime qu’au Canada, elle aura plus de chance de se rallier les suffrages algériens de par sa neutralité. L’humour et le côté épicurien apportés dans certains romans tragiques, c’est pour dénouer le drame et pour que le tragique ne l’emporte pas, explique le conférencier qui se décrit comme quelqu’un de très triste au fond : «C’est d’ailleurs toujours une partie de moi que je décris dans les personnages de mes romans.» Révélant qu’il est en train d’écrire son roman sur la guerre d’Algérie qui commencera en 1830 et se terminera en 2008, il indiquera que dans «le démantèlement, c’est une partie de la guerre d’Algérie qui est traitée», faisant ce constat que «le FLN a fait la Révolution, il ne peut faire désormais que de la corruption». Boudjedra, moudjahid lui-même, salue la mémoire des combattants qui ont rejoint les rangs du peuple après l’Indépendance. Parlant de son expérience de scénariste, l’écrivain confie qu’il écrit de manière cinématographique, réfléchissant en plans et estimant qu’un bon film commence toujours par un bon scénario. La bureaucratie ? «En chacun de nous sommeille un censeur car la société est basée sur le mensonge et l’intellectuel n’est pas un sauveur, c’est quelqu’un qui peut proposer des idées.» Ce qu’il pense du troisième mandat de Bouteflika ? Boudjedra indique qu’il n’est ni pour le premier ni pour le deuxième et encore moins pour un troisième. «Je suis de gauche et lui de droite, c’est un honneur pour moi qu’il ait un jour cité tous les écrivains algériens sauf moi preuve que je suis honorable et qu’il n’y a rien à bouffer avec moi.» Ne perdant pas espoir de voir un jour l’Algérie renouer avec l’écriture et les arts, l’hôte de Igelfan avoue avoir un peu de culpabilité envers l’Algérie : «Je peux vivre partout dans le monde où je suis traduit dans 32 langues, mais je ne peux pas quitter mon pays», concluant qu’«il faut dire le mal de l’Algérie ici et pas là-bas au risque de devenir louche».
S. Hammoum – In Le Soir d’Algérie, Edition du 31 mai 2008

La santé et ses réformes

Blog Mots de tête d'Algérie

La santé et ses reformes

par M. Belhia Laidouni* – In Le Quotidien d’Oran, édition du 31 mai 2008

La santé et ses réformes dans Lu, vu & entendu pour vous... spacer

Permettez-moi, et pour la première fois, que j’entame dans votre journal un sujet de l’heure et d’actualité dans notre pays où on parle de réforme hospitalière et en rendant hommage à votre journal (Le Quotidien d’Oran) pour son ampleur et son professionnalisme et à travers ses rubriques plusieurs thèmes sont décortiqués et rendus publics aux lecteurs.

La carte sanitaire

Avec l’arrivée de monsieur le Ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, la santé publique a su mettre en branle ses réformes et a connu la création des établissements appelés Etablissements publics de santé (Etablissements publics hospitaliers – Etablissements publics de santé de proximité) et la réforme enregistrée au niveaux des Etablissements hospitalo-universitaires et Etablissements hospitaliers spécialisés.

Distribution et hiérarchisation des soins

La prise en charge du citoyen et du malade demeure pour ainsi dire tributaire d’un ensemble de paramètres de gestion, d’indicateurs démographiques, d’indicateurs épidémiologiques, de ratios de wilaya et de région par rapport aux normes nationales. De ce fait, la mise en place d’un système de gestion sanitaire doit s’insérer dans un plan coordonné d’aménagement, intégrant à la fois l’utilisation judicieuse du potentiel humain, matériel, plateaux techniques, logistiques et roulants d’une part et le développement global et harmonieux de la population d’autre part.

En matière de gestion humaine, il est plus que nécessaire de mettre au point un système de formation de qualité et un recyclage spécifique au profit des personnels qui répond aux exigences et à la demande des services de santé existants et à la création des services spécialisés selon un schéma organisationnel des structures en cours de réalisation ou en voie de mise en service.

La carte sanitaire

Tenant compte de la nouvelle carte sanitaire initiée avec la création de nouveaux Etablissements publics de santé, il est impératif de fournir les éléments de programmation et la mise en branle de l’ensemble des moyens avec la mise en service des activités de proximité nécessaires en matière de distribution de soins de base au niveau des structures de santé.

Pour ainsi dire, la carte sanitaire reste un schéma directeur d’aménagement des structures sanitaires et grâce à un recensement exhaustif des moyens humains, matériels, plateaux techniques, logistiques et roulants permettra ainsi une distribution et une hiérarchisation des soins harmonieuse et équitable basée sur une étude de paramètres de gestion et indices démographiques et épidémiologiques par wilaya et par région. Ainsi donc, l’application du système de santé reste fondé sur l’établissement de la carte sanitaire qui demeure un instrument de travail de base non négligeable qui permet d’atteindre les objectifs assignés, l’identification des aires géo-sanitaires capables de répondre efficacement aux besoins divers de santé curative et de médecine préventive.

Il est nécessaire de quantifier les charges et les besoins de la population desservie selon une étude d’une période donnée en s’inspirant des spécificités de chaque localité ou région sur la base du recensement des établissements publics et privés de santé, des spécialités recensées à l’échelle locale ou régionale et le bilan des activités et des actions entreprises (performances hospitalières, paramètres de gestion, l’aspect démographique, l’aspect épidémiologique et des résultats des enquêtes épidémiologiques et enfin les ratios par rapport aux normes nationales).

Prévention sanitaire

On ne peut réussir une politique de santé si on n’arrive pas à arrêter un cahier des charges, à suivre, à concrétiser et distinguer le mode d’évaluation par programme sanitaire national d’une part et les programmes spécifiques arrêtés pour une wilaya ou une région donnée d’autre part.

 On peut citer des groupes de programmes tels que:
- Morbidité et mortalité imputables aux maladies transmissibles prévalentes.

- Morbidité et mortalité dues aux maladies non transmissibles prévalentes.

- Morbidité et mortalité maternelle, infantile et juvénile.

- Programmes de réduction de la morbidité due aux carences nutritionnelles.

- Promotion de la santé en milieu spécifique (scolaire, formation professionnelle et universitaire, et de médecine du travail).

- Morbidité et mortalité dues aux fléaux divers (tabac, drogue, alcool, etc.).

La supervision des programmes
sanitaires nationaux

Le service d’épidémiologie et de médecine préventive (SEMEP) demeure l’axe et le coordinateur principal de la santé de proximité, notamment avec la création des établissements publics de santé de proximité (nouvelle carte sanitaire) donc son statut juridique, son organisation, son fonctionnement, ses relations de travail et de coordination, le mode d’évaluation de ses activités doivent être revus selon les objectifs des nouveaux établissements de santé.

Il est plus que nécessaire d’organiser des assises sur la médecine ou la santé de proximité où participeront l’ensemble des partenaires de santé publique, du privé, le parapublic, les associations à caractère sanitaire, les juristes et d’envisager en commun accord un dispositif de santé préventive qui réponde aux normes et à la qualité des prestations requises à la population.

La supervision d’un programme donné est une méthode spécifique qui fait appel au bon sens et à la logique, elle part d’un cahier des charges réelles et selon les spécificités et les besoins de la région et se propose de résoudre de la manière la plus efficace dans l’espace et dans le temps en utilisant les ressources existantes de façon la plus optimale. Le service d’épidémiologie et de médecine préventive ne peut en aucun cas superviser de façon continue, correcte et équitable l’ensemble des programmes sanitaires nationaux; ce qui oblige la désignation et la nomination de superviseurs de programmes.

Tout personnel spécialisé, recyclé et soucieux d’atteindre des résultats probants et significatifs peut prétendre à superviser un ou plusieurs programmes et dont les cahiers des charges seront établis par un groupe de travail spécialisé et concerné par ledit programme avec des objectifs à atteindre dans l’immédiat, à court, à moyen et à long terme.

Actions multisectorielles

La création, la relance et la redynamisation des commissions et des comités intersectoriels repose sur une réflexion de haut niveau où seront étudiés les modalités techniques, pratiques, administratives et le mode d’évaluation à mettre en place afin de réussir le travail de ces comités et commissions.

Ces modalités ne peuvent être arrêtées et mises en service que si un bilan exhaustif est établi reflétant les insuffisances qui se répercutent négativement sur la concrétisation des objectifs tracés et à atteindre (programme de lutte contre les maladies à transmission hydrique, la lutte contre les zoonoses, la santé scolaire, la médecine du travail, les centres de vacances et de loisirs pour jeunes, de l’hygiène et de la salubrité publique, etc.). Compte tenu des vastes programmes qui leur sont confiés, une attention particulière devra être accordée aux Bureaux d’hygiène communaux et Intercommunaux du point de vue organisation et fonctionnement et selon la réglementation en vigueur. A ce propos et pour une meilleure coordination entre les membres, il est envisageable de créer des Bureaux d’hygiène Intercommunaux sous l’autorité des chefs de daïra afin de permettre une présence permanente des membres et de réguler les moyens de dépistage, matériels, bureautiques et roulants avec la création d’un laboratoire d’hygiène de daïra (analyses des eaux et des aliments, une aile pour la bacilloscopie pour la lutte antituberculeuse) et la mise à la disposition du bureau un véhicule.

Conseils aux nouveaux élus locaux

Avant de clore le présent article portant sur la carte et la prévention sanitaire, je tiens à proposer un certain nombre de recommandations à titre de conseils aux nouveaux élus locaux afin de parer et prévenir toutes les éventualités d’ordre épidémiologique et toxi-infections alimentaires collectives. Partant du principe que la notification des cas de maladies dites saisonnières s’accentue durant la période estivale et provoquée par plusieurs apparences telles que l’environnement insalubre, la mauvaise gestion des eaux, l’évacuation inadéquate des ordures ménagères favorisant la multiplication des décharges sauvages, la non-protection des points d’eau à usage individuel et collectif, la mauvaise manipulation, préparation, cuisson et conservation des aliments, le choix de la matière pour la préparation des potages et des gâteaux, surtout au niveau domestique lors des rencontres familiales et le non-respect de la chaîne du froid. De ce qui précède et vu l’importance et la diversité du problème, il est impératif de suivre les conseils suivants:

- Recenser les ouvrages hydrauliques et les points d’eau à usage collectif par gestion (gérés par l’Hydraulique, l’APC, l’ADE et l’Agriculture) et informatiser le fichier de ces points d’eau en précisant le mode de traitement de chacun des points d’eau et ouvrages hydrauliques.

- Assurer un périmètre de protection des points d’eau à usage collectif pour éviter la contamination des eaux de boisson et éviter l’accès aux animaux.

- Procéder aux travaux de curage, de nettoyage et de désinfection des grands ouvrages hydrauliques et des points d’eau collectifs gérés par la commune et suivre techniquement les mêmes travaux entrepris par les autres gestionnaires ADE, Hydraulique, Agriculture.

- Procéder au curage des oueds et assurer leur nettoyage.

- Procéder aux vidanges des fosses septiques et lieux d’aisances situés au niveau des agglomérations dépourvues de réseaux d’égouts.

- Détruire les toilettes et lieux d’aisances situés en amont des points d’eau afin d’éliminer toute cause de contamination ou d’infiltration d’eaux usées dans la nappe d’eau souterraine.

- Traiter les eaux usées avant leur rejet au niveau de la mer et les plages.

- Réglementer l’enlèvement des ordures ménagères et identifier à la population les endroits de dépôt de leurs ordures.

- Réglementer également les citernes d’approvisionnement en eau potable à la population comme suit:

- Peindre les citernes en couleur bleue.

- Mentionner EAU POTABLE en couleur blanche sur la citerne.

- Ouvrir une fiche de contrôle du chlore à présenter aux services concernés lors des contrôles.

- Mentionner la date du nettoyage de la citerne sur la fiche.

- Identifier les points d’eau d’approvisionnement conçus à cet effet.

- Organiser en coordination avec les services techniques de la commune des opérations de dératisation, de désinsectisation et de démoustication selon un calendrier établi au préalable et en fonction des échéances d’intervention.

- Organiser des opérations anti-larvaires le mois de mars ou avril de chaque année pour éviter la prolifération des moustiques durant la saison chaude.

- Eliminer les eaux stagnantes responsables de la pullulation des larves de moustiques.

- Interdire toute vente clandestine de produits alimentaires, de sorbets, crèmes glacées et pâtisseries, particulièrement durant la saison chaude et au niveau des plages.

- L’installation des camps de toile pour camping est soumise à une réglementation spécifique et au régime intersectoriel.

- Les APC côtières doivent identifier les points d’approvisionnement en eau à la population, et de les traiter avant l’ouverture de la saison touristique et sont soumis à une surveillance chlorométrie en permanence.

- Les communes côtières doivent également inviter les propriétaires des cabanons à procéder aux travaux de curage et de traitement de leurs puits individuels et à vidanger leurs fosses septiques et lieux d’aisances avant l’ouverture de la saison estivale.

- Le Bureau d’hygiène communal doit participer activement aux travaux de l’intersectorialité notamment en matière de conseils aux estivants, aux commerçants, surtout au niveau des collectivités (centres de vacances et loisirs pour jeunes, les camps familiaux et touristiques).

- Enfin, organiser des rencontres d’information locales, régionales et nationales de sensibilisation au profit des utilisateurs initiées par le secrétariat des différents comités de lutte contre les maladies d’origine hydrique et animées par des spécialistes.

* Ex-cadre de la Direction de la santé publique (DSP) d’Oran

Ex-chef de service de la santé et la Prévention DSP de Aïn Témouchent

Une malade convoquée pour la surveillance des épreuves de sixième

Cela se passe dans un CEM à Alger

Une malade convoquée pour la surveillance des épreuves de sixième

Une enseignante, pro-fesseur  au CEM Aïssa-Dat Nitakayne d’Hussein-Dey, a été surprise de recevoir trois convocations de surveillance pour les examens de fin d’année (6e, BEM et bac), alors qu’elle est en arrêt de maladie.
Son état de santé a nécessité une intervention chirurgicale à deux reprises (2002 et 2005) et actuellement elle est suivie pour dépression.
À la suite de quoi elle a été dispensée de toute surveillance par sa tutelle. Nous nous interrogeons comment une dépressive peut veiller au bon déroulement des épreuves d’un examen.

Quotidien LIBERTE  – Edition du 31 MAI 2008

Blog MOTS DE TETE D'ALGERIE

L’on se demande qui est vraiment « malade » :

La convoquée ou … les « convoqueurs »!

CREATION D’UNE ASSOCIATION DES ENSEIGNANTS DE FRANCAIS

APPEL A CREATION

D’UNE ASSOCIATION DES ENSEIGNANTS DE FRANCAIS

DE LA COMMUNE D’AMIZOUR

Un projet de création d’une association des enseignants de français est en gestation. Cet appel s’adresse à tous les enseignants du cycle moyen qui souhaiteraient participer à cette initiative. Pour tous contacts:

- Par le biais du blog: (Veuillez laisser un message avec coordonées pour communication)

EXAMEN DE 6E: VERSION TONTON

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Procès intenté contre la jeune Habiba K., poursuivie en Justice pour « pratique sans autorisation d’un culte non musulman

Ph. D.R (El watan)Réaction de Soheib Bencheikh, Mufti de
la Mosquée de Marseille

Au quotidien Elwatan, dans son édition du 29 mai 2005

« Il faut protéger ceux qui épousent d’autres religions »

Réagissant au procès intenté contre la jeune Habiba K., poursuivie par le tribunal de Tiaret pour « pratique sans autorisation d’un culte non musulman » et à la polémique autour de la campagne d’évangélisation en Algérie, le mufti de la mosquée de Marseille, Soheib Bencheikh, dans un entretien à El Watan, dénonce ce qu’il qualifie d’« atmosphère asphyxiante dont souffre la communauté chrétienne en Algérie ». En homme de culte, il appelle également au respect des autres religions pour « permettre aux musulmans de s’épanouir ». De la même manière qu’il recommande aux autorités chargées du culte en Algérie de mettre en conformité leurs discours avec les préceptes de l’Islam. Soheib Bencheikh souhaite, par ailleurs, que le président Bouteflika intervienne pour « apaiser cette atmosphère ». 

 Habiba K., une jeune femme algérienne, est poursuivie en justice pour pratique sans autorisation d’un culte non musulman. Quelle est votre réaction ?
 Cette affaire est devenue internationale. On a l’impression que le mot christianisme est devenu une accusation. Les législateurs et les moralistes ne peuvent pas pénétrer la conscience des individus. Pratiquer le culte de son choix dans sa sphère privée (sa maison, son jardin…) échappe totalement à l’administration, et normalement cette dernière doit faire en sorte à ce qu’il y ait respect conformément à
la Constitution, aux conventions internationales ratifiées par l’Algérie et aux Déclarations universelles des droits de l’homme, de la pratique des cultes. L’idée des frontières des religions qui s’identifient à des frontières des nations est complètement archaïque et obsolète. Tout un chacun est totalement libre d’épouser la philosophie ou la confession de son choix. Donc, non seulement cette affaire est injuste, elle est inefficace ; on ne peut pas forcer les consciences.
 Puisque les lois de
la République sont inspirées de la charia, est-ce que l’Islam interdit la pratique des autres cultes ?

 Dans le fiqh (exégèse), qui est une œuvre humaine, il y a un hadith (un dit du Prophète) qui dit : « Celui qui change sa religion, tuez-le. » Mais le hadith ne peut pas abroger les dizaines de versets coraniques explicites. Deuxièmement, ce hadith s’explique par les circonstances de l’époque, lorsque les musulmans étaient affligés par une coalition intertribale. Donc changer sa religion était considéré comme une haute trahison. Ce hadith s’explique par l’atmosphère guerrière (c’était une situation de loyauté ou d’allégeance). Le Coran, qui est notre fierté, accorde la liberté religieuse la plus absolue (plusieurs versets coraniques parlent de cela). Le peu d’arguments que nous avons pour montrer qu’il y a une possibilité pour la résurrection de l’Islam et que tout n’est pas perdu, il ne faut pas le toucher. L’Algérie est une grande nation et dans toutes les grandes nations, les opinions philosophiques et confessionnelles peuvent cohabiter. En plus, c’est un bon signe de l’ouverture de ce pays. Pour mener un dialogue et s’enrichir mutuellement, il faut que l’autre existe. C’est l’autre qui m’enrichit, ce n’est pas mon semblable. Je deviens utile par ma banalité quotidienne pour l’autre et pas pour mon semblable. C’est pourquoi, j’ai dit que c’est injuste et inefficace. Injuste parce que le juge ne peut pas pénétrer les consciences, sauf s’il y a confusion avec l’hypocrisie pour avoir une religiosité de façade. Ce qui est le cas malheureusement de plusieurs sociétés musulmanes. Inefficace, puisque c’est contraire aux droits élémentaires de l’homme. Un droit garanti par
la Constitution et par les Déclarations universelles des droits de l’homme.
 Justement, est-ce qu’il ne faut pas faire adapter les textes législatifs à l’évolution mondiale en appliquant les principes de l’Islam que vous venez d’évoquer ?
 C’est une régression !
La Constitution garantit les libertés des cultes, l’Algérie est signataire des Déclarations universelles des droits de l’homme qui consacrent explicitement la liberté d’opinion philosophique, politique et religieuse. Donc, c’est une contradiction avec nous-mêmes, doublée d’une démarche stérile qui fait fuir l’autre. Une religion sûre d’elle-même ne craint pas l’autre, ne craint pas la comparaison et la mise en cause. Sauf les religions qui ne sont pas sûres d’elles-mêmes qui se cultivent dans l’ombre et à l’abri de tout regard. Et ce n’est pas le cas de ma religion. Il faut respecter, au nom de la religion, le choix de ceux qui veulent épouser une autre confession. Ceux qui s’opposent à cela au nom de la tradition, de l’Islam, l’union de la nation… croient que ce pays vacille facilement et notre religion tremble à cause des conversions des uns et des autres. Si nous voulons vraiment montrer la solidité de nos principes et la force de nos convictions, nous ne devons pas craindre celui qui épouse une démarche contraire. Ce n’est pas seulement un simple avis d’un théologien, mais c’est un engagement personnel. J’incite les Algériens ayant un minimum de bon sens de foi musulmane à protéger ceux qui veulent épouser le christianisme ou toute autre religion. Les déclarations de l’Association des oulémas et celles du ministère des Affaires religieuses doivent être beaucoup plus cohérentes avec les principes de l’Islam. L’Islam qui a traduit les philosophies les plus semeuses de doute et qui a protégé le manichéisme, les religions dualistes, le christianisme et ses branches, le judaïsme… ne peut aujourd’hui tourner le dos à son histoire. Si Habiba veut se convertir au christianisme et l’autre trouve sa spiritualité dans la personne du Christ, je ne partage pas leur avis, mais je ferai tout pour qu’ils l’expriment.
 L’Algérie connaît, depuis quelques mois, une vraie polémique autour d’une campagne dite d’évangélisation. L’Islam est-il vraiment menacé en Algérie ?
 Nous sommes trop convaincus par notre vérité et nous sommes trop à l’aise dans nos certitudes. Il est anormal que nous, les musulmans, faisons tout pour vivre notre foi et notre culte dans la dignité totale et dans la beauté et la liberté dans les pays occidentaux, alors qu’en Algérie qui est le berceau du christianisme, on le craint. On ne peut protéger sa religion que dans un dialogue. Parce qu’on ne peut pas vérifier la véracité de nos certitudes qu’à travers l’affrontement. Sinon, on risque de vieillir et de se scléroser sans le savoir. La vivacité d’une religion se confirme quand elle est en contact avec lesdites vérités. Franchement, je ne vois pas où se trouve la menace. Au contraire, la menace réside dans cette atmosphère qui s’apparente à une nouvelle inquisition qui est dangereuse et pour l’Islam et pour les musulmans. Il ne faut pas oublier qu’il y a beaucoup de musulmans dans les pays non musulmans que dans les pays musulmans. Je m’adresse au président de
la République qui est garant de
la Constitution et qui est le seul qui puisse arbitrer dans cette affaire et apaiser cette atmosphère. On ne possède pas sa foi, et cette dernière n’est pas un choix et n’émane pas d’une activité cérébrale, mais ce sont des interrogations qui se soulèvent à l’intérieur de nous et malgré nous.

Madjid Makedhi

Les zélus Ham Ham!  » Akhouya mayna! « 

Caricature blog Mots de tete d'Algérie 

Longtemps délaissée et abondonnée dans un état qui fait vraiment de la peine, une école qui porte le nom de glorieux Chahids, située dans un village de la localité d’Amizour, centre d’examen de 6e Année; a eu droit à une visite, en grandes pompes de tout le staff d’une APC et à sa tête le maire.  Les édiles locaux ne se sont pas du tout gênés de profiter de cette visite « zaâma zaâma », pour s’inviter au repas du déjeuner réservés à nos petits chérubins … Le bon sens aurait voulu que chaque « élu » se rende dans un centre d’examen pour s’enquérir de la situation. Mais non,  tout le monde s’est retrouvé là où il y a à manger! «  Akhouya mayna ! »Bravos « les zélus ! » Sans commentaire. No comment. « Bidoun » taâliq »

FOUROULOU ET LES 1 322 599 DE CANDIDATS A L’EXAMEN DE 6e

(EN CHANTIER)Fouroulou et les 1 322 599 de candidats à l'examen de 6e

Baâziz à Elwatan« C’est lamentable qu’un pouvoir ait peur d’un petit chanteur »

Ph. illustration proposée par le blog motsdteteBaâziz (Chanteur folk protestataire)

 « C’est lamentable qu’un pouvoir ait peur d’un petit chanteur »

Le chanteur Baâziz revient dans cet entretien sur son refoulement de Tunisie et sur les difficultés qu’il rencontre pour se produire à Alger.

- Vous avez été refoulé à deux reprises de Tunisie : que s’est-il donc passé ?
- J’avais animé beaucoup de spectacles en Tunisie et participé à plusieurs festivals, notamment dans un petit théâtre où ça a vraiment cartonné, jusqu’au jour où je me suis produit dans le grand théâtre considéré comme mythique de Tunis, et là aussi, ce fut un énorme succès. Le lendemain de ce spectacle, j’ai été surpris, vers les coups de 7h, de voir six policiers venir me demander de quitter le pays. Ce jour-là, je n’ai pas voulu faire de scandale ; je me suis exécuté. Certains avaient justifié ce premier refoulement par le fait que mes spectacles coïncidaient avec la visite présidentielle de M. Bouteflika en Tunisie, et que c’était juste ponctuel. Le 9 mai dernier, je suis donc retourné dans ce pays et grande fut ma surprise de constater que je figurais sur la fiche de la police des frontières tunisienne, comme faisant partie des personnes indésirables sur ce territoire. J’ai donc été refoulé de l’aéroport.
- N’aviez-vous pas pressenti ce deuxième refoulement ?
- Non, pas vraiment ; mais j’avais un petit doute quand même parce que j’ai appris à connaître un peu leur fonctionnement. Cela dit, je n’étais pas sûr qu’ils iraient jusqu’à me refouler de l’aéroport comme un criminel. Le refoulement, en lui-même, je m’y attendais un peu, puisqu’ils ont déjà fait cela à un ami artiste, Lotfi Double Kanon en l’occurrence ; j’ai donc senti le coup venir, mais pas au niveau de l’aéroport.
- Avez-vous réussi à avoir des explications quant à la motivation d’une telle décision des autorités tunisiennes à travers, notamment, les services de l’ambassade de Tunisie à Alger ?
- Absolument pas ! Un ami m’a demandé de faire une requête auprès de l’ambassade, mais comme je sais que cela n’aboutira à rien, je me suis abstenu. Cependant, ce qui me chagrine le plus, c’est l’absence de réaction algérienne ; je me demande à quoi peuvent servir nos consulats et ambassades s’ils ne réagissent pas lorsque on refoule un artiste, mais pas seulement, même un simple citoyen algérien sans raison, et Dieu sait qu’il sont des centaines dans ce cas, refoulés de Tunisie. Je me demande quand nos services consulaires et notre pays donneront de l’importance au citoyen algérien, qu’on s’occupe un peu de lui. De plus, ce qui me touche encore en tant qu’artiste algérien, c’est de voir qu’on ramène des chanteurs d’Orient, des Saber Roubaï et d’autres en Algérie, payés à coups de 200 000 euros et accueillis en VIP au salon d’honneur, alors que les chanteurs algériens se font refouler à la frontière pour la simple raison qu’ils ont du succès.
- Est-ce donc le succès de Baâziz que les autorités tunisiennes redoutent ? Je pense que oui. Je ne parle pas du public pour lequel j’éprouve un énorme respect et qui, de son côté, a manifesté un fort élan de solidarité à travers des messages sur internet, souvent anonymes d’ailleurs ; vous savez, ils sont terrorisés là-bas.
- Lorsque j’ai été expulsé la première fois, cela avait provoqué beaucoup de réactions, énormément de jeunes m’avaient manifesté leur soutien ; je tiens d’ailleurs à les en remercier. J’ai même su que des fans ont été interrogés et je ne m’étalerai pas plus afin de leur éviter des problèmes. Je crois vraiment maintenant que les autorités tunisiennes ont peur de l’effet contagion, parce que vu leur système, ce ne sera une surprise pour personne (rires). Je trouve lamentable qu’en 2008 un pouvoir ait peur d’un petit chanteur.
- Etes-vous aussi victime de la censure en Algérie ?
- On peut le dire ; j’ai été étonné de me voir invité, il n’y a pas si longtemps, par une émission de télévision. Je remercie d’ailleurs ceux qui m’ont invité, même si l’émission a été bien charcutée. Par contre, j’ai du mal à me produire à Alger ; tout le monde refuse de me donner une salle. M. Mohammedi, des établissements Art et Culture pour le théâtre de Verdure justifie le refus par une demande d’autorisation du ministère de l’Intérieur, de la wilaya, de je ne sais qui d’autre, comme si j’allais faire un meeting politique ou un attentat. A l’Office Riadh El Feth, M. Fellahi a, quant à lui, clairement dit : « Je ne veux pas de Baâziz chez moi ».
- Un vrai parcours du combattant pour retrouver votre public…
- Tout à fait ; je reçois pourtant beaucoup de demandes de mon public. Même en Tunisie, j’ai pu d’ailleurs honorer 15 spectacles avant d’être expulsé, mais en Algérie, j’ai vraiment du mal. Il y a un mois, j’ai pu me produire à Oran où ça a été un énorme succès, mais à Alger, c’est très difficile, à telle enseigne que les organisateurs qui essayent de me trouver une salle ont même opté pour un hôtel, chose que je refuse, je ne suis pas trop convaincu par cette option.
- La chanson engagée a, de tout temps, subi ces formes de censure, mais, paradoxalement, elle arrive à gagner un large public. Comment arrivez-vous à toucher votre public malgré ces entraves ?
- Il y a peut-être beaucoup qui critiquent le piratage, mais pas moi ; je ne suis pas vraiment contre parce que dans notre pays, cela peut être un moyen de promotion pour l’artiste. Outre le piratage, il y a aussi internet, ainsi que les CD que je produis en France. Je pense que les gens sont très friands de ce qui se passe un peu ailleurs, et c’est ce qui les incite à repiquer les CD. Enfin, vous connaissez la situation du pays, je n’invente rien. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a beaucoup de mécontents en Algérie, j’en rencontre tous les jours.
- Mécontents par rapport à quoi ?
- Eh bien, par rapport à la situation du pays, par rapport au système, il y a de plus en plus de mécontents ; c’est d’ailleurs ce qui les pousse vers la chanson engagée et la chanson qui leur parle.
- Vous considérez-vous comme le porte-voix de ces personnes ?
- Je n’ai pas cette prétention, mais je me considère comme un Algérien qui connaît bien la situation en Algérie et qui dit les choses franchement et honnêtement. Je me considère comme un Algérien, tout simplement.
- Cette censure n’est-elle pas un stimulus vous poussant à être encore plus subversif ?
- Bien sûr ! Car, plus on m’interdit et plus j’ai envie de faire des choses, c’est sûr. Mais cela fait mal quand même. Le fait de se voir refouler devant un mutisme effarant de l’Algérie et de ceux qui sont censés défendre le citoyen algérien. Je trouve que c’est trop d’humiliation pour l’Algérien. On entend parler d’ailleurs tous les jours d’Algériens qui se font refouler, malmener partout, ou encore emprisonner comme en Libye ; cela révolte l’artiste et le simple citoyen que je suis. Le fait de ne pas pouvoir rencontrer mon public à Alger, c’est aussi l’objet d’une grande tristesse. J’ai envie de voir mon public. Certes, ces interdictions me stimulent pour écrire davantage, mais elles me font mal. J’ai besoin de m’exprimer face à mon public et avoir la possibilité de le toucher directement. J’ai même droit à des actions de sabotage. Dernièrement, lorsque j’ai été annoncé à Oran, on a voulu faire capoter le spectacle en faisant courir la rumeur qu’il y avait une bombe dans la salle ou que j’étais en prison, on a même déchiré les affiches, mais Dieu merci, le public était très nombreux au rendez-vous. Je remercie d’ailleurs les Oranais.
- Vous avez évoqué tout à l’heure la peur des régimes de l’effet contagion. Vous-même, avez-vous été « contaminé » par un autre artiste ? Qu’est-ce qui vous a mené vers cette voie de l’expression subversive ?
- Tout d’abord, j’ai baigné dans un univers familial engagé, à travers mon père qui était un ancien militant, ma sœur aussi qui est militante de gauche. Côté chanson, j’ai commencé par écouter Bob Dylan, puis je me suis intéressé à la chanson algérienne. Je n’ai pas trouvé dans la chanson d’expression arabe le côté contestataire que j’ai trouvé dans la chanson kabyle à travers Maâtoub Lounès et Aït Menguelet ; j’ai trouvé en fait une chanson vraie chez ces artistes avec cet esprit contestataire, même si je ne comprenais pas grand-chose. Ce sont eux qui m’ont un peu poussé à faire ce que je fais ; je me suis aussi inspiré d’un humoriste algérien des années 1940, Rachid Ksentini bien sûr.
- On a entendu dire que votre mésaventure en Tunisie fera l’objet d’une chanson, le confirmez-vous ?
- Quand je suis enragé, je m’exprime. Il s’agit en fait d’une ancienne chanson que j’avais écrite sur la base de constatations personnelles puisque j’ai vécu un peu en Tunisie ; je n’osais pas trop les chanter parce qu’on m’interdisait de le faire. Mais aujourd’hui, j’ai bien envie de la sortir cette chanson.
- Plus jamais la Tunisie…
- Franchement, peut-être un jour quand elle se libérera. Si aller en Tunisie signifie être constamment surveillé par des flics, cela ne m’intéresse pas. Certes, j’ai envie de revoir mon public, mais comme un artiste respecté.
- Etes-vous sur un album ou comptez-vous lancer un nouvel opus sur le marché ?
- Oui, je suis en train de préparer un album où il y a beaucoup d’humour et de critiques sociales, en fait. Cela fait deux ans que je ne suis pas venu en Algérie et j’ai remarqué certaines choses, plein de changements, de superficialité…J’ai donc écrit sur tout ça, notamment les Maruti, les investissements, les petits quartiers d’arrivistes qui se créent un peu partout en Algérie.
- Le phénomène des harraga vous inspire-t-il ?
- Bien sûr ! Il s’agit d’un phénomène qui a toujours existé. Moi-même j’ai failli l’être il y a dix ou douze ans. On veut coller cela à la misère ; mais je pense que c’est plutôt la malvie. Le jeune algérien se retrouve puni par tout le monde : par ses parents, sa famille, ses copains, son quartier, par les gendarmes, les policiers, par l’Etat…J’ai rencontré un harrag en France qui ne travaillait pas ; j’essayais de comprendre ce qui l’a motivé à suivre cette voie. Nous étions à une terrasse, il était en train de parler avec une fille. Et il me dit : « C’est en fait ce que je suis venu chercher, pouvoir parler avec une fille sans que personne ne me regarde ou ne me juge ; je ne veux pas devenir millionnaire ; j’ai vendu ma voiture pour pouvoir prendre mon petit café tranquille dans une terrasse et discuter avec une fille tout simplement. »
- C’est une quête de liberté, en fait…
- Tout à fait, une quête de liberté qu’on veut coller à la misère. Il faut savoir qu’il y a aussi beaucoup de millionnaires et de milliardaires qui partent aussi et dont on ne parle pas. Il y a un mal de vivre en Algérie, on ne vit pas, c’est l’islamisation du pays ; je pense que les Algériens étouffent, ils veulent avoir leur part de belle vie à l’image de ce qu’ils voient à travers la parabole. En Algérie, on limite de plus en plus les libertés individuelles, la liberté d’expression. Je crois que le phénomène des harraga est lié à cela.
- De plus en plus d’artistes algériens choisissent de vivre à l’étranger, dont vous d’ailleurs. Est-ce que l’artiste algérien est dans une situation d’exil forcé ?
- L’artiste cherche des espaces d’expression. Cela fait plus d’un mois et demi que je cherche où me produire ; en Algérie, je ne trouve pas. Nous essayons donc de produire cette voix de contestation là-bas et l’exporter ici. C’est plus facile de travailler en France. Mais, ce qui est sûr, c’est que l’artiste algérien préfère s’exprimer ici, sur son terrain d’origine. Même s’ils ne veulent pas de nous, nous ne baisserons pas les bras.
- Votre nouvel album sortira quand ?
- Dans deux ou trois semaines.

Nadjia Bouaricha (Elwatan, Edition du 26 mai 2008)

 

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