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Archive pour le 9 juin, 2008

+ BAC 2008: Les mesures démesurément déjà prises vont être remesurées

   Mazal daghan les mesures ?!

 

Un bac sur mesures

En parcourant la presse de ce matin, le BAC 2008  a évidemment beaucoup de … succès grâce au sujet d’anglais. C’est à la Une de tous les titres. Enormément de commentaires, de chiffres, de déclarations  des candidats, des surveillants, des responsables du secteur de l’Education en charge de l’organisation et du suivi du déroulement du bac.

La journée d’hier a été marquée par le sujet d’anglais : sa présentation et sa mise en page qui a complètement dérouté, induit en erreur les candidats et « enduit » ainsi le bac d’une autre coquille… Et il n’en avait pas besoin.

C’est quand même bizarre, toutes ces bévues, lorsqu’on sait que la préparation et l’organisation de cet examen important ont débuté presque en début d’année et mobilisé d’impressionnants moyens matériels et humains : commissions nationales, sous-commissions régionales, wilayales,  locales… En somme, toute une logistique, stratégique, statistique, gymnastique, parasismique…

Cela m’amène, en tant qu’enseignant, à toucher un mot sur un aspect important de la préparation du BAC : l’élaboration, la mise au propre et l’impression des sujets.

En tant qu’enseignant, et à l’instar de tous les autres collègues, toutes matières confondues,  je consacre au moins 15 jours à la préparation d’un sujet de composition (choix du texte, adaptation, formulation des questions, proportionnellement au volume du texte), ensuite la saisie du sujet, sa lecture, relecture, rectifications, corrections… Enfin tout un processus… Tout ça, je vous le dis, pour un sujet de composition de 4e Am.

Voyez-vous, je me dis que pour le BAC, ça doit être d’une extrême attention, d’une incomparable et irréprochable méticulosité, d’une vigilante vigilance : « hadhar dha, aâwdhas dha, akass wa, arrad win, arrad wa, balak akin, iwachu wa, naghlat dha … » Non mais, franchement, moi j’imagine que ça doit se passer comme ça, la préparation des sujets du BAC. C’est sérieux. D’autant que les mesures prises par le Ministre sont annoncées en fanfare et en grandes pompes.

Suivons à la trace le parcours d’un sujet.

Avant d’envoyer le sujet qui est toujours à l’état de brouillon, à la phase d’impression, théoriquement, pédagogiquement, didactiquement,  la commission « des pédagogues » chargée de cette mission de haute importance, doit veiller au moindre détail et procéder aux dernières vérifications.

Le sujet atterrit sur les rotatives pour son impression. Là, je présume que cette opération se déroule sous la supervision d’un responsable qui doit, à mon avis, s’assurer de l’adéquation du sujet adopté à celui imprimé. Normalement, on reproduit d’abord un exemplaire pour constater qu’il est « nickel » à tout points  de vue : Orthographe, nombre de questions, mise en page, numérotation et pagination des feuillets, «  sens de leur lecture », filières concernées  …  pour, ensuite lancer le tirage du nombre de copies nécessaire.

Ce qui vient de se produire pour le sujet d’anglais, est tout simplement ahurissant et je me dis : mais bon sang ! Que font tous ces moyens  « humains », toutes ces commissions, ces inspecteurs s’ils ne sont même pas en mesure d’assurer « une impression » normale d’un sujet ?

Lorsqu’on fait un petit flash-back sur les déclarations des responsables, annonçant les mesures exceptionnelles « Spécial BAC2008 », je reste médusé. Jugeons-en : « Le bac 2008 sera particulier », « Toutes ces mesures, c’est pour préserver la crédibilité des examens  algériens », « Les inspecteurs qui ont élaboré les sujets des examens du bac, devraient être « isolés du monde » pendant une période de 40 jours. », « La justice pour les surveillants qui s’absentent. »

Si toute cette batterie de mesures draconiennes a été prise, cela suppose que c’est pour ne plus prendre de mesures. Détrompons-nous ! Faut encore des mesures sur  les mesures démesurément déjà prises!

Dans un article du quotidien « Le jour d’Algérie », consacré justement à  cet incident « baccalaurésque », qui touche à l’épreuve d’anglais, un candidat  a déclaré : «Ils nous ont dit que des mesures seront prises pour trouver une solution à ce cafouillage» « Mazal dhaghan » les mesures ? C’est pour mesurer quoi, alkhawa ? Ca y est ! « Anagh c’est censé être déjà mesuré! »

 

+Le BAC 2008 fait encore parler de lui:Le ministère rassure les candidats au Bac

+Le BAC 2008 fait encore parler de lui:Le ministère rassure les candidats au Bac   dans Lu, vu & entendu pour vous... pucerouge Le ministère rassure les candidats au Bac 

«Les sujets d’anglais sont bien clairs»

 In Le quotidien « Le Jour d’Algérie, Edition du lundi 09 juin 2008

Plusieurs candidats au bac auraient été, selon eux, induits en erreur suite à la mauvaise conception du système de pagination du sujet d’anglais. Selon les dires de  ces élèves candidats rencontrés à proximité des lycées de la capitale, le foliotage de la copie d’examen qui comporte deux sujets au choix a trompé leur vigilance. Il semblerait qu’un nombre assez important d’entre eux a répondu à des questions qui ne correspondent pas au texte indiqué. Un état de fait qui a mis les élèves dans un état de colère et de désespoir. «Ce n’est qu’après plus d’une heure du début de l’épreuve qu’un camarade a attiré mon attention. Je me suis retrouvé dans l’obligation de tout refaire rapidement» raconte un candidat en économie gestion rencontré au centre d’examen Haroun-El Rachid au Champ de manœuvres. Au lycée Kheirdine, Farid, candidat en sciences naturelles, a affirmé que lui-même s’est trompé. «Ce n’est qu’en sortant de la salle d’examen que je me suis rendu compte que je suis out. Plusieurs camarades étaient à leur tour tombés dans le piège» dira-t-il. Notre interlocuteur ajoutera que plusieurs candidats étaient effondrés par la nouvelle après avoir remis leurs copies. Pour calmer les esprits des élèves, des surveillants et enseignants au lycée Kheirdine ont tenté d’apaiser la tension en rassurant les élèves. «Ils nous ont dit que des mesures seront prises pour trouver une solution à ce cafouillage» indique, en chœur, un groupe de candidats. Celle-ci ajoutera néanmoins que ce n’était guère de sa faute.

«J’ai le réflexe de tourner la page comme suite logique de la question. Je n’ai jamais pensé que le reste du sujet se trouve sur le verso de la double feuille» laisse-t-elle entendre. Contacté, M. Khaldi, secrétaire général du ministère de l’Education nationale a déclaré que «les sujets  d’anglais sont bien clairs et qu’un minimum de concentration de la part des candidats aurait permis d’éviter toute erreur de lecture». Tout en exprimant son étonnement, notre interlocuteur précisera qu’«aucune réclamation concernant ce problème de pagination n’a été enregistrée au niveau de ses services en ce deuxième jour d’examen».                     A. F.

+LE BAC FAIT ENCORE PARLER DE LUI:Polémique sur les sujets du bac 2008

bac 2008+LE BAC FAIT ENCORE PARLER DE LUI:Polémique sur les sujets du bac 2008  dans Lu, vu & entendu pour vous... bacangmodifi

(Caricature illustration du blog motsdtete06damizour)

Des milliers de candidats ont raté leurs premières épreuves

Par :Amina Hadjiat (In LIBERTE, édition du lundi 09 juin 2008)

Alors que le ministre de l’Éducation nationale s’est fixé l’objectif de relever le niveau des élèves,  l’élaboration des sujets du baccalauréat pose encore une fois problème.   

À peine achevées, les premières épreuves du baccalauréat 2008 suscitent déjà la contestation des élèves et de leurs parents. De nombreuses ambiguïtés ont été relevées sur la forme, mais aussi le fond des sujets. Notre rédaction a reçu de nombreuses réclamations concernant l’épreuve d’anglais. En effet, ce sujet a été écrit en anglais, qui est une langue latine, donc de gauche à droite. Le problème qui s’est posé dans la présentation de ce sujet est le suivant : alors qu’il est écrit en anglais donc de gauche à droite, il fallait pour le lire tourner les pages comme s’il avait été écrit en arabe donc de droite à gauche. Ceci a induit en erreur de nombreux élèves qui ont répondu aux questions qui ne correspondaient pas au texte.
Que ce soit pour le premier ou le deuxième sujet, les questions qui suivaient logiquement le texte correspondaient en fait à l’autre. L’erreur était d’autant plus facile à commettre puisque les deux textes au choix traitaient de deux thèmes qui se rapprochent beaucoup.
Le premier texte traitait des « droits du consommateur » en évoquant la publicité mensongère. Et bizarrement, le deuxième sujet traitait des techniques de communication publicitaire tout en évoquant la consommation. On retrouve à plusieurs reprises les mêmes mots dans les deux textes. Et même si les pages étaient numérotées de 1 à 4, on peut aisément imaginer qu’un élève stressé, au lieu de penser à regarder la numérotation qui d’ailleurs était écrite en arabe, aurait tout simplement tendance à tourner la page instinctivement de gauche à droite, et c’est ce qu’ont fait un grand nombre d’élèves qui se demandent désormais comment ils vont être notés. Ce qui les a fatalement amenés à commettre l’erreur de répondre à des questions qui ne correspondent pas au texte support. Nous avons donc  demandé à rencontrer le secrétaire général de l’Office national des examens et concours (Onec), M. Merazi, qui malgré son emploi du temps chargé a eu la gentillesse de nous recevoir. Il nous a indiqué que les pages du sujet étaient numérotées et que de toute façon, l’une des prérogatives des enseignants surveillants inscrites dans le guide spécialement édité pour assurer le bon déroulement des épreuves stipule que ces derniers doivent donner instruction aux élèves de bien lire le sujet en suivant la numérotation des pages.
De nombreux titres de la presse nationale, qui ont traité de la première journée des épreuves, ont relevé certaines insuffisances dans leur déroulement.
Par exemple, le quotidien El-Fadjer a publié un article dans lequel on pouvait lire que « les questions posées ne faisaient pas partie du programme, et que des enseignants ont surveillé l’épreuve qui concernait leur matière ». Cet article traitait plus particulièrement de l’épreuve de langue arabe qui s’est déroulée samedi. Selon les déclarations d’enseignants de langue arabe cités par ce journal, « le deuxième sujet au choix à savoir, le texte écrit par Mohammed El-Bachir El-Ibrahimi n’a pas été étudié, car il ne figure pas dans le nouveau programme ».
De plus, les enseignants questionnés sont allés jusqu’à dire qu’ils ne comprennent pas qu’une pareille erreur ait pu être commise. Ce même article indique que « des enseignants de langue arabe du lycée Omar-Racim ont assuré la surveillance de l’épreuve de langue arabe au lycée Baba-Arroudj ».
Ceci est arrivé alors que le ministre de l’Éducation nationale, M. Boubakeur Benbouzid, avait promis à maintes reprises au cours de l’année scolaire, que les sujets du baccalauréat traiteront uniquement des cours effectivement enseignés et avait, en outre, formellement interdit, sous peine de sanctions, à tout enseignant de surveiller l’examen portant sur la matière qu’il enseigne. À ce sujet, le SG de l’Onec a démenti ces informations allant jusqu’à les accuser de diffamation.
À force de commettre des erreurs dans l’élaboration des sujets de chaque session, ceux qui en ont la charge portent un sérieux discrédit à cette épreuve internationale, qui fête d’ailleurs ses deux cents ans, et poussent les élèves à profiter de ces failles en grattant des points pas forcement mérités.

A. H.


 

 

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