A Louiza Hanoune
Ne voyez pas à travers ces quelques lignes un acharnement de ma part à votre endroit, mais c’est juste pour vous suggérer un sens au mot «espoir». Si je consacre autant de mots pour cerner le sens d’un seul mot c’est uniquement en … «désespoir» de cause »
« Il faut rendre l’espoir aux citoyens ! » ai-je lu dans un papier d’un quotidien qui vous sert d’une belle piste d’atterrissage quand vous n’êtes pas dans la lucarne de «l’Unique» qui vous cajole tant parce que, avouez-le, «politiquement correcte ». Mais là, n’est pas le propos. C’est plutôt «l’espoir» qui m’inquiète le plus…
Après une infinité de slogans et d’appels et après avoir tout voté à l’APN, tout soutenu et après avoir décroché – et de «haute lutte»- le gros «lot», voilà que vous lancez un autre appel qui vient enrichir votre «patrimoine». «Il faut rendre l’espoir aux citoyens !» Que c’est beau, l’espoir !
Ainsi, votre appel appelle à appeler «à rendre l’espoir aux citoyens » Oui, c’est une façon de voir l’espoir, de faire de la politique, d’exercer l’opposition dans les guichets du pouvoir. … Mais au fait, à quel espoir faites-vous allusion ? Qui appelez-vous ? Chez qui se trouve-t-il, notre espoir ? Qui en est le propriétaire ? Qui est censé nous le rendre, cet espoir ? Ce ne sont là, que quelques questions qui me viennent à l’esprit, désespérantes, je le sais et je m’en excuse.
Je vous reconnais et vous concède un seul mot dans votre appel «Rendre ». Vous rendez-vous compte, séniorita du sens de ce mot, de ce verbe du 3e mandat, pardon, du 3e groupe… Il se conjugue aussi à la forme pronominale «se rendre» et ce n’est pas à vous que je ferai la leçon, si vous voyez ce que je veux dire. Je confonds député et enseignant, tellement, son salaire représente l’argent de poche d’un député non-élu à 65% des désespoirs.
Je pense, très humblement et sincèrement qu’il faut d’abord vous rendre aux citoyens qui vous ont donné ce strapontin à 33 millions. S’il faut leur rendre l’espoir, vous admettez, d’une certaine façon qu’il leur a été volé, dilapidé, subtilisé, dérobé, confisqué…Sans vouloir vous offusquer, je vous suggère d’ajouter quelques mots à votre appel. Par exemple, une formule à la forme «passive», si vous voyez ce que je veux dire… Ce qui donnerait à peu près ceci «Il faut rendre l’espoir aux citoyens volé… par …» Votre appel aurait plus de sens, plus de crédibilité, plus de sérieux, en précisant qui l’a confisqué et qui doit le rendre, si vous voyez ce que je veux dire…
«Il faut rendre l’espoir aux citoyens !» à la limite, ça fait un titre de plus dans un journal, au pire ça peut faire rire. Puisque vous appelez à rendre l’espoir aux citoyens, c’est juste pour vous dire, qu’en tant que «citoyen», enfin, c’est ce qu’on dit, du moins officiellement, je puis me permettre de décliner votre offre. Non, merci et sans façon, ne me rendez pas l’espoir. C’est très aimable de votre part, mais, je n’en veux pas ! C’est mon opinion et je la partage… L’espoir ! Qui pourra encore vous croire et y croire ? L’espoir !
«Laissez-nous nager notre mer on en boit jusqu’à la lie». Notre désespoir et plus fort et plus digne que votre espoir désespérant. L’espoir, chère séniorita, c’est toute une Histoire, c’est une autre histoire, des histoires… Il était une fois l’espoir… L’espoir ! Noir, c’est noir, (comme notre pétrole) y a plus d’espoir !
« Il faut rendre l’espoir aux citoyens ? » Ce serait bien sauf qu’il faut d’abord commencer par leur rendre leurs voix et ne vous en faites-pas, vous pouvez garder vos 33 millions. Pour l’espoir, on verra, ensuite… Même sans espoir, disait Romain Rolland, la lutte est encore un espoir. Vous l’avez quittée. Si vous voyez ce que je veux dire…
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