La révolution des « œillères »
Les nouvelles augmentations -ne me demandez pas pourquoi ce conditionnel- dont « bénéficieraient » les personnels de l’Education et annoncées en grande pompe, ne semblent pas avoir l’effet escompté auprès des syndicats protestataires. Au lendemain de l’étalage sur la place publique du futur … « patrimoine » des enseignants et, en attendant vainement autant de celui des autres « cadres », des organisations syndicales ont décidé de maintenir leur mouvement de grève. Elles ont raison de le faire. Et, même parmi les travailleurs, beaucoup se disent q’il n’ y a vraiment pas de quoi pavoiser et ont le sentiment d’être brutalement et violentés dans leur miséreuse et indigente intimité, d’être délibérément livrés à la vindicte et au « lynchage ». Au voyeurisme des autres. De tout le monde et même celui…de leurs élèves. « J’ai honte ! » me confiai-je.
Et encore ! Cela reste tellement confus que, beaucoup disent : « Enlève lui de sa barbe et encense-le »… « combien même », le « devis » établi par le ministre serait bourré de chiffres, avec beaucoup de zéros, de dates, de rétroactifs sélectifs et palliatifs, pendant que d’autres, obnubilés, commencent déjà à « soulever les calculs ».
Les calculettes sur la table. Multiplications et soustractions, divisions et additions meublent les récréations. Les profs de maths appelés au secours pour la règle de « trois ». « Voyons : toi et moi aurons tant par mois ». Pendant que les enfants attendent, la « bonne nouvelle » a déjà fait le tour de la cour. Au diable le cartable ! Vivement l’escarcelle !
Bien entendu, le ministre a bien calculé son coup. Laisser les syndicats aller jusqu’au bout de leur logique contestatrice, légitime du reste, ensuite dévoiler les « fameuses » nouvelles bonifications parées de tous les qualificatifs : substantielles et concurrentielles, consistantes et alléchantes, calculées par une commission ad hoc et j’ai envie de dire « hadhouk ». C’est tout de même bizarre, tout ce bazar ! Il y a à peine une dizaine de jours, leur commission n’avait pas encore fini le boulot, et hop ! Subitement et, comme par un coup de baguette magique, pas trop différent de celui des bastonnes, le nouveau régime indemnitaire est ficelé, emballé et balancé à la figure… C’est ça « le tissu », c’est à prendre ou à laisser! Le ministre se débarrasse, ainsi, d’un boulet et s’en sort « indemne » Et là, les concernés, sont comme acculés, dos au mur et mis devant le fait accompli. Le coup du « Cheval de Troie » a bien fonctionné, les logiciels disjonctent et s’affolent…
Mais au-delà de l’aspect pécuniaire et « mercantile » de l’histoire, que devient l’école, « engloutie » dans des réformes à tout-venant ? La chute vertigineuse du niveau à tous les niveaux ? L’analphabétisme trilingue de nos enfants ? Même l’arabe ne sort pas du lot et je ne m’en félicite pas. Je n’ai rien contre les polyglottes, c’est juste que je trouve injuste que ce ne sont que quelques enfants privilégiés qui maîtrisent déjà sept langues et, paraît-il, même… le russe. Et le devenir de cette école tellement publique, qu’elle continue à être ce vaste labo à manips et dont « nos » enfants restent les éternels cobayes ?
A part le fait que, nos potaches continueront à « commander » des projets dans des cybercafés, chez… Google, comme on commanderait une pizza au pizzaïolo du coin, que les taux de réussite aux examens passeront d’abord chez les « vulcanisateurs », que « nos » enfants feront de l’informatique virtuelle, sans machines informatiques, avec des professeurs de sciences ou de physique, à part le fait que ce sont 45 % des lycéens qui se droguent et que c’est à la FIFA d’arrêter le calendrier du déroulement du bac, tout va bien… En mars, aura lieu la révolution des « œillères » et en juin, nos lycéens se « shooteront » au foot…
R.Z.motsdtete