+ Au saloon du ivre: Pan! En plein dans …le Nil

sila.jpgC‘est dérisoire et à la limite du grotesque, difficile de choisir le mot, même si les deux veulent dire à peu près la même chose. Oui, dérisoire et grotesque comme feuilleton. Insipide. Aussi fade  que les navets ramadanesques de l’Unique et qui n’ont rien à envier à ceux qui continuent de nous venir du Nil, quoique… Ceux qui ont décidé ce blocus sur le livre égyptien, ne peuvent être que victimes d’une overdose d’excès de zèle et d’un nationalisme à un sou et qui pue l’allégeance. Et ma foi, les zélateurs, ce n’est pas  ce dont risque de manquer le pays. Il peut manquer de pain, de lait, de démocratie, de justice, d’électricité, de tout ce que vous voulez, et il en manque, justement jusqu’à la déshydratation,  mais jamais de zélateurs. On en a à en exporter.   

Pour l’instant, et sans diminuer de la valeur de nos illustres écrivains (Keteb Yacine et Assia Djebar qui était pressentie à ce prix prestigieux), le seul homme de lettres arabe à avoir inscrit son pays au Nobel de littérature, c’est Najib Mahfoud. Bon, il se trouve que c’est un Egyptien, ce n’est pas de sa faute. On ne choisit pas ses origines.  Il le méritait. Pas pour sa nationalité mais juste pour son talent.

Le talent on l’a ou on ne l’a pas. Une ministre peut toujours se consoler d’avoir de beaux talons qui raisonnent au contact du sol marbré d’un salon où on enferme le livre. Un raisonnement de tambour qui sonne le glas de la culture.   

A mon avis, la pathétique ministre de la culture, qui n’est pas étrangère à ce « caillassage culturel », un mot à la mode, et à coup sûr, c’est même sur son injonction, à celle à qui, à son tour, on a du souffler la chose… Une entente tacite pour fermer le salon aux éditeurs de Oum Eddounia. Celle-ci, je présume, ne pouvant assumer  publiquement cette balourdise, en tant que ministre d’une République bananière affairo-islamo-mondaine, (désolé pour cette formule encombrante), le commissaire du… saloon, qui va plus vite que la musique, dégaine et tire : Pan !  En plein dans… le Nil.

Mais franchement, de quels livres peut se gargariser un pays qui n’en produit que médiocrement, en quantité et en qualité. On peut organiser tous les salons du livre qu’on veut, mais cela reste glacial. Un   livre a besoin de bouger, d’être lu, librement, sans être surveillé, ni passer aux ciseaux d’une  couturière du prêt-à-porter, aux costumes sur mesure. 

Le SILA ? Il paraît que le salon donne sur la cuisine, et comment ! Il y a plus de livres de cuisine que de livres. Je passe sur les livres appelés « parascolaires », fourrés de fautes. Et on dit aussi que le politique fait ravage par ci, par là, enfin au SILA. Vous ne trouverez pas ces ouvrages d’un autre âge, pestiférés et qui dérangent. Ah, non ! Au menu, c’est le livre politiquement correct. C’est à … rire ou à laisser. L’humour aussi à sa place dans ce salon. Lisez cette déclaration du commissaire justifiant « sa » décision et  dites-moi si ce n’est pas de l’humour. «  Si vous lisez attentivement le règlement intérieur du Sila, le commissaire est souverain d’inviter qui il veut ! »  Souverain, notre commissaire, souverain ! Même dans la Constitution, le peuple est souverain, cher commissaire ! Justement, humour pour humour, un certain Jan Erhardt Jensen, politique et écrivain canadien, auteur, entre autres de livres humoristiques, disait : «Certains livres se lisent à la cuisine, d ‘autres au salon. Un vrai bon livre se lit n’importe où ». Au Sila, il y a la cuisine et le salon.  Ce n’est pas n’importe où…

Lorsqu’on sait que la rentrée littéraire du livre en France  se fera avec pas moins de 700 nouveaux titres, on se dit, mais p… nous avons des écrivains ou m… ? Ne me dites pourquoi cette référence, ce n’est pas de ma faute. La motion sur la criminalisation du colonialisme ne veut pas passer. Ce n’est pas aussi dramatique que ça. Il y a toujours quelque chose qui va passer. Tenez, par exemple, le bateau humanitaire algérien pour Ghaza. Je vous le dis, il ne va pas se risquer d’être torpillé et pris d’assaut par les commandos de la marine israélienne. Il accostera où notre bateau d’Algérien ? Et bien,  il jettera l’ancre au port d’El Arich, un  « salon aquatique », égyptien qui donne aussi sur Israël. Un important point de passage commercial entre les deux pays.

L’Egypte ira-t-elle jusqu’à  fermer son salon à notre bateau? Non, ce serait une connerie. Voilà le mot que je cherchais, tout au début. De la fierté mal placée.  Une connerie, voilà…

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