Plusieurs joueurs de la sélection algérienne de football des années 80 demandent l’ouverture d’une enquête. Ils veulent connaître la vérité sur l’éventuel lien entre les produits qu’on leur administrait et le handicap de leurs enfants.
Une information qui jette un pavé dans la mare de la fédération algérienne de football, 20 ans après les faits. Sortis de leur silence, des anciens joueurs de la sélection nationale algérienne des années 80 réclament une enquête sur les effets secondaires des produits dopants qu’on leur a administrés.
Selon Mohamed Chaïb, ancien défenseur de la sélection et père de trois filles handicapées, pas moins de 18 joueurs ont engendré des enfants handicapés. « Nous avons décidé d’évoquer publiquement cette affaire » pour avoir des réponses sur « les effets des médicaments que nous consommions lors des stages de préparation. Nous voulons juste la vérité », a-il déclaré à l’AFP.
Djamel Menad, ancien attaquant des Fennecs, a, quant à lui, donné naissance à une fille souffrant d’une agénésie du corps calleux, (pathologie provoquant de lourds retards moteur, de parole, de motricité…), explique-t-il à l’agence. Il n’exclut pas un éventuel lien avec les médicaments ou fortifiants administrés à l’époque par des « médecins russes ».
« Ils nous donnaient des médicaments et des vitamines pour compenser des pertes d’énergie après les entraînements et les matches », se souvient-il. « Depuis que j’ai découvert que je n’étais pas le seul, j’ai commencé à me poser des questions », affirme-t-il. Pour l’ancien international, le constat que des joueurs d’une même génération ont des enfants handicapés ne peut-être une « coïncidence ».
Pour l’ancien milieu de terrain Mohamed Kaci Saïd, père d’une fille handicapée de 26 ans, une enquête doit être ouverte. « Je ne dis pas que nous étions des souris de laboratoire de médecins russes (…) et que nous prenions des dopants à notre insu. Mais le doute persistera tant qu’une enquête n’aura pas été ouverte pour que la vérité soit faite », explique l’ex-international.
Cette hypothèse est toutefois contestée par un de leur coéquipier, le capitaine de la sélection lors de la Coupe du monde de 1982, Ali Fergan. Pour lui « le nombre de joueurs, parents d’enfants handicapés, est minime comparé au nombre total de joueurs sélectionnés« entre 1980 et 1990. Il nie par ailleurs la présence de médecins russes affirmant que « tous les médecins étaient Algériens » et qu’il ne consommait « pas de médicaments, à part de la vitamine C ».
L’ancien entraineur Rabah Saadane a de son coté fait le même constat affirmant à la presse algérienne l’absence de médecins européens lorsqu’il dirigeait la sélection de 1984 à 1986.
Un information encore tabou dans l’opinion algérienne, personne n’ose aborder le sujet. « Les mémoires souvent prodigieuses lorsqu’il faut brosser un tableau idyllique sont d’un coup devenues oublieuses alors que nous souffrons dans notre chair », s’était plaint l’ancien milieu de terrain Mohamed Kaci Saïd au périodique algérien El Watan.
Ni les autorités ni la fédération Algérienne n’ont de leur coté commenté ces accusations.
metrofrance.com