+ Amizour/Fêtes de mariages: Couscous, cortèges et… décibels

amizourSynonyme de vacances mais aussi de fêtes, la saison estivale comme celles des années précédentes s’annonce particulièrement riche en fêtes de mariages. La fréquences de célébration des noces sera intense, sans doute, en raison du mois de carême qui contraint à engager une course contre la montre… Si par le passé, les mariages n’étaient célébrés que les week-ends, désormais, c’est sept jours sur sept. Il n’ y a pas un jour qui passe sans qu’il n’ y ait fête au village, dans les quartiers…

Dans les petits villages, de nouvelles habitudes ont vu le jour. Il y a d’abord celles qui consistent à organiser les réjouissances dans des salles de « fêtes »*, louées à des particuliers. Les carnets de commandes des gérants de ces lieux sont chargés. Pour les réservations, il faut s’ y prendre au moins deux mois à l’avance contre une somme qui varie entre 25000 et 30 000 DA.

Les plus nantis, eux, s’offrent le luxe et le faste des grands hôtels et autres salles de grand standing. Sur cet aspect, les citoyens sont partagés, il y en a ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Les premiers évoquent le côté pratique. Louer une salle, c’est surtout pour éviter de mettre la maison sens dessus dessous, c’est « plus pratique et plus propre et puis c’est à la mode. » Il suffit d’y mettre le prix, alors que les seconds, plus réfractaires, invoquent le charme d’une fête au sein de la maison familiale.

Quelqu’un ira même jusqu’à dire en plaisantant « qu’une fête où il n’ y a pas de bâche n’en est pas une. Dans une salle, c’est un peu artificiel ». Une bâche en guise de toiture pour un espace généralement réservé aux femmes « affectées » aux tâches ménagères et qui leur procure une certaine liberté, loin des regards de la gent masculine. Quant aux cartes d’invitation, il y en a de toutes sortes, de toutes formes et pour tous les goûts.

Couscous …

L’autre innovation est celle de s’offrir les services de cuisiniers qui, eux aussi, sont très sollicités. Les femmes, désormais, n’ont presque plus rien à faire. Révolu, le temps où elles passaient des nuits blanches à apprêter les légumes et autres ingrédients pour la préparation du couscous, qui doit être fin prêt, au moins, une heure avant l’arrivée des convives et dont la première cuillerée revient, en principe, à l’hôte. Dans les petits villages, la réussite d’une fête dépend aussi de la qualité du couscous préparé avec de la viande de bœuf.

Cortèges …

Car, après s’être rassasiés et pour « digérer », des invités ne se privent pas de commentaires sur la qualité du repas et celle du service. « Les choses ont bien changé constate, presque avec regret un homme âgé qui a encore en mémoire les péripéties vécues par la mariée pour rejoindre, à dos de montures, le foyer conjugal. Aujourd’hui, la mariée mobilise tout un cortège de voitures. C’est à qui exhibera la plus longue et la plus belle « caravane ». Le plus important, c’est la tête du cortège, la voiture qui aura l’insigne honneur d’être celle de la mariée. Elle doit être neuve et de marque. La tendance est au « quatre-quatre » dernier cri. Confortable, robuste et sûr.

La voiture de la dame à la robe blanche ne doit pas tomber en panne, par cette canicule. Celle-ci doit se distinguer de toutes les autres. Les décorateurs de voitures de mariées, en passe de devenir un métier, ne chôment pas. La concurrence est rude. Il faut faire preuve de créativité pour s’imposer sur le marché. Les prix varient jusqu’à 3000 DA. « Je fais une dizaine de voitures par matinée, confie un jeune qui tient une boutique. On doit faire vite et bien. »

Musique à fond la caisse et décibels…

Pendant ce temps, la fête bat son plein. Musique, à fond la caisse. Il y en qui n’hésitent pas à mettre en marche la sono jusqu’aux environs de 2 h. du matin. « C’est pas possible ! peste un monsieur qui n’arrive pas à trouver le sommeil et dont la maison est « cernée » par des « foyers » de décibels… Les autorités doivent intervenir ! C’est du tapage nocturne ! » Personne ne l’entendra. Les décibel percent les tympans. Des jeunes qui s’improvisent « disc-jockeys » tirent également profit de ce genre d’occasions. Là aussi, c’est à qui produira le plus de « bruits ». C’est une guerre de décibels à distance. Les vendeurs CD trouvent aussi leurs comptes. Pour les genres musicaux, peu importe, pourvu que cela incite aux déhanchements. Musique festive, raï, kabyle. Quelques fois, des notes de Chaâbi et de musique algéroise arrivent à traverser cet enchevêtrement de rythmes infernaux. Rares sont les fêtes où l’on peut apprécier Achawik ou le Chikran (chants et airs du terroir) entonnés par les doyennes des familles.

Sur les routes, les cortèges se croisent et provoquent des encombrements monstres. La priorité leur est accordée au niveau des barrages de police. Les klaxons fusent de partout. Tislith arrive enfin, accueillie sous les youyous et les crépitements des appareils photos et les zooms des caméras pour immortaliser ces moments de joie. La fête a encore quelques heures devant elle. Reste « assedder ».

Les « DJ » vont bientôt plier bagages. Notre homme résigné, va enfin pouvoir plonger dans les bras de Morphée. Demain, d’autres mariages, d’autres cortèges…

R. ZENATI

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